Recherche sur les cancers : tout s'accélère Surmonter la détresse

RECHERCHE SUR LES CANCERS : TOUT S'ACCELERE | SURMONTER LA DETRESSE

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ITV et amphi FCG Florence Cousson-Gélie Enseignant - chercheur en psychologie Laboratoire Epsylon Université Montpellier III Quand on va être confronté à l'annonce d’un diagnostic d’un cancer, on va essayer de faire face à cette situation. Donc, est-ce que cette situation elle est stressante pour moi, ou pas. On peut imaginer que, bien entendu, chez la grande majorité des sujets, évidemment c’est stressant. Mais quelle est ensuite la nature de ce stress. Est-ce que c’est vécu comme une perte, une perte de mon autonomie, je vais perdre mon travail ; est-ce que c’est perçu comme une menace, je ne vais plus avoir les mêmes relations avec ma famille, avec mon entourage, avec mes proches, qui sauront que j’ai un cancer, et il y a beaucoup de stéréotypes véhiculés par cette maladie. Ou au contraire, ça peut être un défi. Il y a certains patients qui se disent, voilà, le fait d’avoir été malade, même si ça a été difficile, ça m’a permis de voir ce qui était important dans ma vie. COM : L'annonce d'un cancer entraîne généralement choc et détresse. Une réaction que les chercheurs en psychologie étudient de plus en plus finement, sur la durée, pour mieux accompagner les patients. Florence Cousson-Gélie Enseignant - chercheur en psychologie Laboratoire Epsylon Université Montpellier III Les travaux qui avaient été réalisés avaient tendance à mesurer la détresse à un moment donné. Beaucoup de travaux ont mesuré la détresse à l’annonce du diagnostic, ou alors au début des traitements, ou au milieu des traitements. Là, les travaux que je mène actuellement, c’est d’essayer de voir comment cette détresse évolue. C’est pas tant le niveau de détresse, mais c’est plutôt est-ce que ce niveau de détresse va être très élevé tout le temps, est-ce que ce niveau de détresse va diminuer, ou augmenter à rebond. Ce qui est intéressant, c’est effectivement - si on arrive à bien identifier ces trajectoires de détresse - de pouvoir repérer les sujets, dans quel groupe ils vont être. Est-ce qu’ils vont être en bas, et donc finalement, ils vont peut-être avoir besoin d’un petit soutien psychologique au départ. Certains auteurs anglo-saxons appellent ça des résilients – c’est à dire des sujets qui, malgré le fait qu’ils soient confrontés à des évènements de vie stressants, vont arriver à faire face par eux-mêmes. Et puis d’autres sujets, qui ne vont pas y arriver. C’est à dire que la détresse va être augmentée à rebond, ou va être à un niveau très élevée dès le départ. Donc ce sont ces sujets là, pour lesquels on aimerait proposer un soutien psychologique ; pour prévenir, en fait, cette détresse élevée, qui peut durer, ou qui peut se manifester un petit peu plus tard.