Recherche sur les cancers : tout s'accélère Mieux chercher ensemble

RECHERCHE SUR LES CANCERS : TOUT S'ACCELERE | MIEUX CHERCHER ENSEMBLE

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COM: La mise au point des thérapies ciblées s'est accélérée ces dernières années notamment grâce à une collaboration plus étroite entre les chercheurs fondamentalistes qui étudient les mécanismes biologiques liés aux cancers et les médecins chercheurs qui s'occupent des patients. Olivier Trédan Oncologue Centre Léon Bérard - Lyon On a commencé à avoir les premiers résultats chez les souris. Ca paraissait particulièrement intéressant. Donc l’anticorps anti-HUR2, l’inhibiteur de mTOR, on a vu que cela marchait sur la souris – enfin, c’est les scientifiques qui nous l’ont dit. Et donc, nous, on s’est dit « on va le transposer directement chez l’homme ». C’est quelque chose qu’on a directement appliqué de la recherche fondamentale finalement. Avec des mécanismes biologiques que vous nous avez décrits. Heureusement que vous nous parlez de temps en temps ! COM : Chercheurs fondamentalistes et cliniciens, vous vous rencontrez souvent ? Vous parlez la même langue ? Olivier Trédan Oncologue Centre Léon Bérard - Lyon C’est amusant, on se rencontre souvent, mais clairement, je pense qu’on ne parle pas tout à fait la même langue. Nous, on a un langage plutôt adapté au patient. Où on s’intéresse aux symptômes, à la qualité de vie des patients. Les chercheurs, dans le fondamental, vont parler plutôt de biologie, de cibles biologiques, de molécules. Et clairement, on a du mal parfois à se comprendre. C’est justement, en se rencontrant régulièrement, qu’on apprend le langage de l’autre, qu’on arrive à mieux communiquer. Karin Tarte Enseignant - chercheur en immunologie Inserm U917 Université Rennes 1 Pendant assez longtemps, on a opposé, de manière artificielle, la recherche fondamentale – le chercheur dans son laboratoire, qui travaille sur une protéine tyrosine kinase, dans un modèle de mouche du vinaigre, et ça, ça a peut être un impact en cancérologie – et le clinicien qui prend en charge le malade tous les jours. Aujourd’hui, je pense que cette séparation n’existe plus du tout. Elle n’existe plus parce qu’il y a eu des rapprochements forts entre les chercheurs et les cliniciens - et puis aussi les biologistes de l’Hospital, les anatomopathologistes - dans des systèmes qu’on appelle de recherche translationnelle. L’objectif de la recherche translationnelle, c’est vraiment de créer ces ponts, et de faire en sorte que la recherche fondamentale, qui doit continuer d’exister, puisse avoir un aboutissement jusqu’au patient. Et qu’à l’inverse, les observations faites par les cliniciens, ils puissent poser des questions, par rapport à ce qu’ils voient tous les jours, en regardant les patients. Poser des questions aux chercheurs, et donc amener à de nouvelles stratégies de recherche. Et donc, c’est vraiment une boucle. Anne Vincent-Salomon Pathologiste Dpt. Biologie des Tumeurs - Inserm U830 Institut Curie - Paris Bien évidemment ça commence, à partir de la patiente, au chirurgien, aux équipes techniques, les médecins, les chercheurs, les mathématiciens – avec qui on travaille réellement pas à pas.